Hackeurs

J’Ă©coutais cette vidĂ©o ce matin et j’avais envie d’y mettre mon commentaire. On parle beaucoup de 1% comme s’il s’agissait de lait Ă©crĂ©mĂ©, du petit beurre quoi. Moi j’ai un peu de mal Ă  mettre les hackeurs au mĂŞme niveau que les autres. Les dirigeants, politiques, banquiers sont cyniques et ont gravi les Ă©chelons par cynisme et avec beaucoup d’ambition, quitte Ă  Ă©craser les autres. Les hackeurs sont pour la majoritĂ© des gens qui savent bidouiller des trucs. Ils deviennent dangereux quand ils sont entre les mains de gens cyniques, mais ils peuvent devenir très utiles lorsqu’ils sont entre des altruistes qui pensent d’abord au bien commun. Beaucoup de hackeurs ont risquĂ© leur vie, leur libertĂ©, leur sĂ©rĂ©nitĂ© quotidienne pour dire ce qu’ils savent et c’est parfois le peuple qui les a hackĂ© par dĂ©ni de voir les choses, par facilitĂ© ou par confort.

Des hackeurs, il y en a de toutes sortes, dans tous les milieux et dans tous les sexes. Leurs aptitude dĂ©pend beaucoup de leur vĂ©cus et de leur talents naturels. Souvent, ce sont des gens qui ont des qualitĂ©s autistes, c’est Ă  dire qu’ils savent suffisamment s’isoler pour commencer et finir un projet. En mĂŞme temps, ce sont des gens très fragiles, parce qu’ils ne savent pas voir le mal dans les autres et comme beaucoup d’enfants autistes, ils sont très exposĂ©s si tant est qu’ils s’exposent. La plupart du temps, ils ne s’exposent pas naturellement donc personne ne sait qui ils sont. Lorsqu’ils deviennent exposĂ©s, c’est au peuple de les reconnaĂ®tre avant les autres. Temple Grandin par example est une hackeuse, elle a dĂ©cortiquĂ© un système pour le comprendre et pour le changer, mais elle a pu le changer parce que les USA Ă©taient ouverts au changement.

Je me souviens quand je faisais de l’humanitaire, j’avais ce sentiment très inconfortable que les gens attentaient que je fasse le travail pour eux, alors comme solution, je les ai emmenĂ©s avec moi et comme j’avais un pass dans l’administration du gouverneur, je les ai emmenĂ©s avec moi pour se faire enregistrer eux-mĂŞmes, qu’on sache qu’ils existent. Aux jeunes, j’ai donnĂ© du matĂ©riel pour qu’ils dessinent et enregistrent eux-mĂŞmes leur camp et dans tous les meetings, j’ai fait venir les ingĂ©nieurs sur la place publique, qu’ils exposent ce qu’ils allaient faire, comment et avec qui. Moi, j’Ă©tais juste lĂ  pour veiller Ă  ce que les gens ne soient pas lĂ©sĂ©s. J’ai obtenu les aides financières que la police leur a emmenĂ© sur le camp. J’ai obtenu que des journalistes mènent des enquĂŞtes, questionnent et remue un peu le terreau, puis j’ai donnĂ© les graines de petits poids, de radis et de salades que les gens ont partagĂ©s entre eux Ă©quitablement pour les planter. Tout cela pour dire qu’il faut savoir faire confiance et savoir prendre les opportunitĂ©s. Tous les gens que j’ai emmenĂ©s avec moi et investis dans mon travail Ă©taient bĂ©nĂ©voles pour le bien commun. Ils ont acceptĂ© la possibilitĂ© du bien commun.

Dans la horde des loups, les hackers sont des omegas, ils vivent avec le système jusqu’Ă  ce que quelque chose ne fonctionne pas et ce sont gĂ©nĂ©ralement des gens qui font groupe, qui ne cherchent absolument jamais Ă  s’isoler, bien au contraire. Ils cherchent des conseils, des appuis si nĂ©cessaires, voire des confrontations pour s’Ă©valuer ce qui semble juste. Globalement, ils peuvent avoir accès Ă  tout, exceptĂ© les zones très fermĂ©es de l’Ă©tat, ils ont aujourd’hui la capacitĂ© de dĂ©truire et si Ă  un moment, ils dĂ©cident de ne pas le faire, c’est parce qu’ils savent qu’ils ont besoin du système.

Dans les pĂ©riodes troublĂ©es que nous traversons, je pense qu’il faut que chacun prenne conscience qu’il ou elle n’est pas un sur-homme. Les loups alpha n’existent dans la meute que parce que les autres acceptent de s’y soumettre, mais tous savent qu’il n’est pas nĂ©cessaire de tuer pour gagner. C’est lĂ  d’ailleurs une subtilitĂ© des loups. Au jeu, ils prĂ©fèreraient le Go au jeu d’Echec et c’est cela qui les rend si similaires aux hommes du peuple, il arrive un moment oĂą la raison prend le dessus, oĂą l’intelligence fait foi. Ceux qui tuent sont des fous. J’ai toujours pensĂ© que ceux qui cherchaient Ă  expliquer le crimes et ceux qui cherchaient Ă  les entendre devaient forcĂ©ment naviguer dans les mĂŞmes sphères de la folie. C’est malheureusement ce qui se passe avec le 1% qui a dĂ©robĂ© la dĂ©mocratie, ils ont parlĂ© de tuer les libertĂ©s et le peuple les a Ă©coutĂ©. Celui qui a dĂ©noncĂ© cela est comme le mĂ©decin qui annonce un cancer.

Je n’ai pas vu Mr Robot et je ne prĂ©vois pas de le voir. Depuis bien des annĂ©es, je cherche Ă  me prĂ©server de ce genre d’images qui emmènent le public dans une sorte de frĂ©nĂ©sie collective que je trouve dangereuse. Les bonnes dĂ©cisions se prennent au calme, après mĂ©ditation. La mĂ©ditation est quelque chose d’Ă©prouvant et difficile. Moi, cela me rend souvent malade. Ca me prend aux trippes, cela me met en sueur, je fais des cauchemars, je suis agitĂ©e sur plusieurs semaines, mais au final, je n’ai pas de regrets parce que j’ai pris le temps de murir ma pensĂ©e en la comparant, en l’Ă©valuant et en la confrontant. Il suffirait d’imaginer ce que serait le monde sans le 1% de hackers et l’on ne crĂ©erait plus d’entreprises parce que les 35 grosses entreprises au pouvoir auraient pris tout le contrĂ´le. Un crĂ©ateur d’entreprise est un hackeur. Une association se porte avec le mĂŞme fondement. C’est au peuple de montrer qu’il est capable de porter le pouvoir. Il y a des milliers de moyens pacifiques de le faire. Il faut trouver ces moyens-lĂ .

La France en est lĂ  oĂą elle est aujourd’hui par consentement mutuel, Chirac qui mange le sandwich et le paysan qui fait le sandwich et lui donne. La France s’est habituĂ©e Ă  l’Ă©tat providence, ce qui n’est pas une mauvaise idĂ©e en soi, Ă  condition de savoir qui est la France.

La France met ses autistes dans des hĂ´pitaux psychiatriques comme d’autres y jetteraient leur femme. Il est donc normal que la France voit ces autistes comme des loups isolĂ©s, mais un loup peut toujours trouver une autre horde. Moi je pense que je ne suis pas nĂ©e autiste, mais je le suis devenue. J’avais peut-ĂŞtre des prĂ©dilections Ă  le devenir puisque je n’ai pas adhĂ©rĂ© Ă  mon environnement familial, mais j’avais trouvĂ© dans l’Ă©cole une horde. Le vieux loup de la horde voulait payer mes Ă©tudes et j’ai refusĂ©. Je ne voulais pas rester Ă  la charge de mes parents et le vieux loup ne m’a pas laissĂ©e faire un travail, c’est Ă  dire, commencer ma vie. Je suis devenue une vieille louve autiste et isolĂ©e, et j’aurais pu vivre comme cela sans que personne ne le sache s’il n’y avait pas eu de problèmes avec l’immigration, comme s’il fallait qu’on m’empaille.

Je suis la proie des chasseurs et le jour oĂą je serai morte, ils se chasseront entre eux. Pour l’instant, mon job Ă  moi c’est de vivre pour changer leurs lois. Après moi, il y aura mon fantĂ´me et les hommes pourront se chercher dans toutes ces femmes pubères, ils n’en auront pas fini d’appeler leur maman.

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