Le sel des larmes

J’écoutais une vidéo sur Thinkerview avec un médecin qui expliquait que le sel rendait les gens intelligents. Moi le sel, cela me donne des larmes. J’ai le coeur qui palpite, l’esprit qui s’agite et je pleure. En fait, c’est peut-être cela l’intelligence, la capacité des émotions et je ne décolère pas depuis que j’ai entendu l’interview d’Eric Zemmour. Cet homme est à vomir et d’autant plus qu’il me rappelle des choses que je vois à Los Angeles, l’égoïsme, le “moi d’abord”, l’arrogance du fric et en même temps ces gens abusivement riches qui voudraient que l’on soit coupables d’être pauvres. Ils nous font pauvres. Ils nous font immigrés. Ils nous font esseulés, surtout les femmes, et ils se moquent de nous.

J’aime être apatride car j’ai bien conscience que l’Amérique, c’est aussi cette Europe en devenir. De l’autre côté de ma rue, ma voisine est Allemande, grosse, vulgaire, arrogante avec ses deux chiens qui viennent pisser sur mes fleurs et elle trouve que je suis arrogante de le lui faire remarquer, de leur interdire mon jardin, de protéger mon chat, de me protéger contre sa curiosité, ses intrusions, sa violence, son agressivité. C’est une red neck de l’Iowa, une imbécile. L’une de ceux qui ne pleurent pas.

La deuxième guerre serait aujourd’hui, l’Amérique serait nazie, même sans Trump. L’Europe est devenue nazie, même sans l’Iowa. Quand je vois les juifs de Los Angeles rouler en Mercedes, j’éprouve de la colère parce que juste à côté il y a le juif avec le petit chien qui écrit un livre sur la Shoa, ou cet autre qui lurque les femmes comme des objets en parlant d’art comme Wildenstein parlait de Monet. Moi, toute cette défiscalisation sur la misère des artistes me fait vomir. François Pinault me fait Vomir. J’ai connu Volot qui ne m’avait pas fait vomir, mais qui avait su me rendre petite, comme mon grand-père qui devait rabattre les filles pour son patron. Il y a la proie et le rapace. Tandis qu’on essayait de changer le monde, Microsoft mettait des esclaves dans son système. Je pleure.

Il y a quelques jours, je voulais écrire sur mes croyances, ce qui m’avait poussé à écrire sur la géométrie, la manière dont je vois les choses en tant qu’ethnographe. Mais je pleure et je me dis à quoi bon. En quoi mon opinion peut-elle changer quoi que ce soit. J’ai tout perdu à cause du réchauffement climatique, un réchauffement climatique orchestré et manipulé par quelques chiffres, ma maison, ma voiture, mes livres, ceux durement payés pour s’offrir des antiquités que les anarchistes considèrent comme un vol. Et eux, qu’ont-ils fait? Tandis que je transformais mes machines pour les rendre françaises, d’autres se frottaient le plastron avec LE Slip Français. J’étais à Bercy pour la remise des prix, un énième prix derrière le slip parce que toutes couilles devant, les politiques ont du panache. Vous voyez je pleure.

La semaine dernière, mon propriétaire m’a presque menacée. Après une série de vols, je me suis alliée à une petite communauté de voisinage, principalement des femmes, pour assurer ma sécurité et bien sûr celle de cette communauté dans laquelle je vis, mais c’était trop, il en a perdu les pédales, toutes testosterone aux alertes, il m’a priée de faire silence, augmenté mon loyé de 86.66%. La prière quand on a la foi n’est presque qu’un murmure et j’y vois la lumière dans mes larmes. Des larmes chaudes parce que dit-il, dehors il fait froid. Et bien vaille, je n’ai pas peur, ni des voleurs, ni des faiseurs de foi, parce que c’est moi qu’on vient chercher pour sourire.

Je n’avais pas de haine, je n’avais même pas d’opinion quand je suis arrivée à Los Angeles. Je n’avais que des géométries pour unir le monde mais Trump il faut le dire, a décomplexé les juifs dans leur amour de l’argent et cela me rappelle les Chinois, des gens qui ont détourné le savoir pour en abuser au détriment des autres. J’avais trouvé à Las Vegas un livre sur les maths des jeux de hazard, “The Math of Player Development“, que j’avais trouvé passionnant, presque philosophique, sur la manière d’établir des limites et ces limites là je ne les retrouve pas dans la société. Après la guerre de l’opium, les Chinois n’ont toujours pas compris la leçon qu’ils ne peuvent pas exporter à outrance au détriment des autres. Avec la deuxième guerre mondiale, on aurait pu croire aussi que le monde de la finance se serait assagit. C’est tout l’inverse qui se passe et dans un esprit de revanche, ils établissent leurs monarchies avec l’argent, des monarchies qui d’ailleurs avaient existé dès Ravenne et qui reprennent leur credo avec les nouveaux medias.

Je sais d’avance que je n’ai pas envie d’appartenir à une Amérique qui serait le portrait de l’Europe, voir en pire. Il suffit de voir ma voisine pour comprendre que le pire est sans espoir, les Karen ne sont pas une légende. Elles existent, elles sont terrifiantes, mais ce qu’il y a de l’autre côté est terrifiant également. Je me rappelle un portrait qui a été fait par l’artist Kehinde Wiley montrant la décapitation d’une femme blanche par une femme noire. L’Amérique le traduit au quotidien par des petites humiliations successives ou ce que les juifs appellent “death by small cuts”. La faims, la solitude, l’absence de droits, pas de travail, pas de logement, etc…

Tout cela n’est que l’Amérique Britannique qui est en train de se jouer, le show, Oprah, le prince, la diva, l’Empire du fric, le Président noire et le President blanc qui lui survit avec le vote des manches et des couteaux. Pendant que les artistes mettent leurs couleurs, les juifs construisent des coffres de défiscalisation. Les corps, même démembrés, valent plus chers quand ils sont morts. J’ai parfois l’impression de ressembler à une saucisse et je suinte mon sel comme les statut font des larmes. L’intelligence des foules n’est mue que d’émotions.

Il y a au fond de moi cette profonde tristesse qu’une carte verte ne peut faire sourire. Tout sent tellement le marketing, l’artificiel, le surjoué. On se demande à quand il vont planter le clou. Il faudra bien la pendre cette toile qu’elle soit exhibée comme le condamné qu’on écartèle devant une cathédrale. La religion n’a jamais su se passer de sang, pas en Europe et maintenant plus en Amérique. On sent comme un parfum de revanche, le grand luxe en pampilles. Que c’est beau le soleil au dessus de l’Iowa! La mort se porte si bien.

Six ans de l’Amérique et un rendez-vous manqué avec le juge, j’avoue avoir connu meilleur eldorado. C’est dur l’immigration, ça je le savais, mais cette immigration là est inhumaine, voler des terres, des forêts, exploiter des rivières, des peuples, les dépouiller et les sucer jusqu’à l’os. Je peux encore me réjouir d’être une saucisse, d’avoir été cuisinée, gardée au frais, mitonnée et s’il me reste des jambes, peut-être aurais-je l’occasion de les prendre à mon cou. Bien qu’étant une femme, ce n’est pas le meilleur moyen de courir pour échapper aux couteaux. Peut-être que je marcherai, comme la république, vers la sortie, noble pour dire au revoir en montrant mon cul. J’aurais peut-être laissé des plumes, mais j’aurai sauvé l’honneur, le gant dans la dentelle et le doigt du milieu levé comme un air de prière qui dit je ne dirai rien au ciel. J’écrirai sans doute, j’ai de quoi faire une belle carrière d’écrivain, d’un genre révolutionnaire avec des goupillons. Moi, qui suis du peuple, quitte à descendre dans la rue, que ce soit pour défendre mes valeurs, celles de l’humain.

J’ai dégoupillé des bouteilles dans ma jeunesse. J’ai aussi dégoupillé des crayons. J’ai maintenant envie de re-dégoupiller mon compas. J’ai assez de géométrie dans l’espace pour faire sauter la finance, la crypto, l’oligarchie et toutes les monarchies qui vont avec. Après tout, il n’y a qu’une mafia derrière tout ces noms de pays, de gangs et de crevards et tous ceux qui mettent des murs sur leurs territoires ont cela en commun, l’argent. Après six ans d’immigration traitée comme une esclave, moi, ça me fait vomir qu’une femme Afghane voilée passe devant moi parce que son job, sa passion, c’est de courir derrière un ballon. Ca me donne envie de dessiner des cercles avec des chiffres de 1 a 6 pour chaque année trimée à espérer sortir du tunnel. Quand je prie, je trouve toujours la lumière, mais en Amérique, c’est le gouffre. Il y a toujours un petit ou une petite immigré(e) pour faire la politique blanche, bien propre, bien nette. C’est presque de la boucherie de grand étalage, comme les charcutiers font des saucisses. En fait, je me suis trompée de boutique, bien qu’en France on m’ait prise pour une vache à lait, celle que l’on engrosse et dont on prend le petit. Celle veuve dont l’enfant est orphelin. Celle jeune, déjà trop vieille. Celle dont les organes ont déjà des noms sur les bocaux. En France, c’est le coeur des rois que l’on retire. La Mort avec un grand M ça se préserve. Il n’y a que la merde que l’on recycle.

J’ai beau manger du sel, je ne me sens pas plus intelligente car si au moins j’avais su avant, bien avant, lorsque j’étais encore jeune. Si j’avais une fille, je lui dirais de se méfier des soldats, que l’armée de fait pas de belles personnes. Je lui dirais aussi que l’identité ne fait pas un pays, mais qu’il est important d’avoir le courage de défendre ses idéaux. Je lui dirais aussi de se méfier ce ceux qui prétendent lui venir en aide, ceux-là font souvent le service à l’étale des bouchers. Je lui dirais que la prière n’est pas une chose que l’on récite, mais que l’on trouve en soi comme on le fait pour l’humanité, parce que ceux qui l’on perdue le savent, le monde est cruel, il ne faut jamais cesser de chercher en soi ce qui peut combattre la cruauté. Je lui dirais d’avoir confiance dans les sages et ceux là sont comme les artistes, pour la plupart, ils sont morts, mais ils ont étudié la sagesse, les routes de l’âme vers la sagesse, parce que la cruauté n’adhère à rien qui soi sage, qui puisse être détaché. Je lui dirais de pleurer, de lâcher ce fardeaux, puis de reprendre courage parce que la route est longue dans une vie. Le sentiment d’atteindre quelque chose est imparable, c’est le plus grand bonheur qui soit et la mort est l’un de ces bonheur. Il ne faut pas en avoir peur, il faut la cultiver comme un jardin, savoir qu’elle est là et qu’elle arrive comme les saisons, mais il y a toujours un Noël et il y aura toujours un Noël. Noël, c’est la renaissance des lumières, les jours qui deviennent plus longs, c’est la terre qui renaît et il faut vivre avec la terre. Elle fait partie de nous comme nous faisons partie d’elle, nous sommes des animaux, parfois remarquables et comme le lion, il ne faut jamais avoir peur d’être le roi, un roi, mais pas n’importe quel roi. Celui dont la savane se souvient. Celui qui pondère le brouhaha des oiseaux avec sa marche silencieuse pour aller vers l’eau. Celui dont on ne trouble pas le sommeil mais celui qu’on aime entendre parce que ce lion là garde les autres au loin, pissant sur leur propre foin de frousse. “Laissez pisser pour vider les sots, les larmes sont pour ceux qui ont l’âme de l’esprit” dirait-il plein du panache du lion, “parce qu’au moment de mourir, ceux qui n’en ont pas se trouvent pauvres, ils n’ont plus de légendes et leurs vies furent courtes“. Lui, ce lion que tu dois devenir le sais, il a l’éternité devant lui.

Je dirais à ma fille que je l’aime et que les femmes sont fortes. Les femmes sont nées pour être fortes, plus fortes que les hommes. Il ne faut pas le dire. Il ne faut pas le montrer. Il faut agir pour se préserver et préserver ses enfants contre les risques d’extinction de l’humanité toute entière. L’humanité est ce qui rend la vie possible. Ce n’est pas la grossesse ou l’acouchement. L’humanité met les hommes au monde et il faut leur donner cette chance-là, où la leur reprendre. Ce sont les femmes qui ont la clef. Ce sont les femmes qui ont le pouvoir. Elles n’ont aucune permission à demander pour mettre leurs lumières au jour, cet instinct de la mère pour le faon qui épargne l’instant fragile, l’enfance, l’innocence, la confiance des nouveaux nés quand ils boivent au sein, quand ils donnent leur main, quand ils tombent de sommeil. L’humanité est l’histoire des femmes tandis qu’elle est aux hommes leur devoir et quand bien même les scholastiques se déchirent comme une vierge qui n’aurait pas été épargnée, il faut faire cette violence là aux hommes de leur rendre leur brutalité avec les larmes de l’intelligence qui mettent le sel au dernier festin, parce que la renaissance succède toujours à la mort dans un monde terrien, et la terre, c’est notre nature. Bon, tout le monde peut pas être un lion. Certains préfèrent courir vers le pinard donc je dirais à ma fille ne fait pas comme eux, ils vont tous finir à la casserole.